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Bonne pratique · 6 min de lecture

Plan de reprise d'activité : le test annuel n'est pas optionnel

Vous avez peut-être un Plan de Reprise d'Activité (PRA) écrit. Il est probablement dans un classeur ou un dossier SharePoint. Et il n'a probablement jamais été testé. Le jour de l'incident, c'est dans 70 % des cas qu'on découvre que le plan ne fonctionne pas. Voici comment monter un test PRA annuel réaliste, en PME, sur une journée.

Pourquoi un PRA non testé ne sert à rien

Un PRA décrit : en cas d'incident grave, comment redémarrer l'activité IT. Quels systèmes prioritaires, quelle durée acceptable d'interruption (RTO), depuis quelles sauvegardes (RPO), avec quelles équipes.

Le problème : les conditions changent en permanence. Un nouveau serveur, une migration cloud, un changement de prestataire, une mise à jour majeure : chacun de ces événements peut casser silencieusement le PRA. Sans test régulier, le plan dérive et personne ne le sait.

Le test annuel n'est pas optionnel. C'est ce qui transforme un document mort en assurance opérationnelle.

Trois niveaux de test PRA

Niveau 1 — Test de table (table-top exercise) : 90 minutes

L'équipe se réunit autour d'une table. On annonce un scénario : « Vendredi 17h, ransomware actif sur les contrôleurs AD ». Chacun déroule son rôle : qui fait quoi, dans quel ordre, avec quels contacts.

Pas de manipulation technique. Juste un parcours à voix haute. Les écarts apparaissent immédiatement : « Tiens, qui sait où est la clé du local serveur le week-end ? », « Le numéro du prestataire de sauvegarde, on l'a ? ».

C'est le test minimum à faire tous les ans, idéalement deux fois.

Niveau 2 — Test partiel : une demi-journée

On choisit un système et on le restaure réellement, dans un environnement de test. Par exemple :

Mesurer le temps réellement écoulé. Comparer au RTO annoncé dans le PRA. Documenter les écarts.

Niveau 3 — Test complet : 1 à 2 jours

Reconstruction d'un environnement complet en parallèle de la production, idéalement chez un hébergeur de secours ou en cloud. Démarrage des services métier critiques. Test que les utilisateurs peuvent réellement travailler.

C'est lourd, c'est cher, c'est rare en PME. À faire tous les 2-3 ans pour les structures critiques (cabinets juridiques, expertise comptable en période fiscale).

Le scénario de test minimum pour une PME

Une fois par an, bloquez 4 heures sur un samedi matin. Annoncez à l'équipe qu'il y aura un exercice. Préparez un scénario simple :

« Lundi 8h, tous les postes Windows ne démarrent plus. Message d'écran rouge avec demande de rançon. Internet ne fonctionne pas, le téléphone fixe non plus. Que fait-on dans les 3 premières heures ? »

L'exercice consiste à :

  1. Identifier qui appelle qui (numéros mobiles, prestataire IT, assureur cyber, CSIRT).
  2. Vérifier que tous les contacts sont à jour. Tester effectivement deux ou trois numéros.
  3. Localiser physiquement les sauvegardes hors ligne. Combien de temps faut-il pour y accéder ?
  4. Vérifier l'accès à la documentation IT en mode dégradé (sans réseau).
  5. Lister les décisions à prendre dans les 24 premières heures.

Voir aussi notre article Piratage en PME : le rôle de la CNIL pour la partie notification réglementaire.

Les pièges qu'on retrouve à chaque test

À retenir

Test de table 90 minutes une fois par an, test partiel demi-journée tous les 12 mois. C'est le minimum vital pour qu'un PRA reste vrai. Sans ce rituel, le document dort et le jour J, vous improvisez.

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